Explosion du nombre de prescriptions anti-tabac

Les traitements nicotiniques ont connu un succès phénoménal entre les mois de mars et septembre 2018. Les prescriptions ont progressé de 75% durant cette période selon l’Assurance maladie. Cet engouement pour les substituts du tabac peut s’expliquer aisément par le plan « Priorité Prévention » élaboré par Agnès Buzyn, la ministre de la santé.

Depuis janvier 2018, les modalités de remboursement de ce type de médicaments ont changé. Auparavant les fumeurs souhaitant arrêter la cigarette pouvaient bénéficier d’un montant forfaire de 150 euros pour payer les traitements de substitution au tabac. Mais ce mode de fonctionnement pénalisait les personnes les moins aisées qui devaient avancer l’argent des produits puis se faire rembourser sur justificatifs. Cela générait des démarches administratives longues et fastidieuses.

Actuellement, les médicaments pour aider au sevrage sont remboursés à hauteur de 65% de leur prix. La Sécurité sociale prend en charge une large gamme de produits comme les patchs, les gommes à mâcher, les pastilles ou les inhaleurs. À l’heure actuelle, 61 articles avec des dosages variés sont éligibles à un remboursement partiel de la part de l’assurance-maladie. Toutefois, une prescription d’un professionnel de la santé est obligatoire pour prétendre à un remboursement.

tabac

Le succès de la mesure anti-tabac « Priorité Prévention »

Ce changement dans le mode de prise en charge des substituts nicotiniques a eu des répercussions immédiates. Le nombre de médicaments anti-tabac vendus a bondi de 50 876 à 87 796 unités en l’espace de seulement 5 mois.

Le gouvernement a décidé de maintenir le dispositif du montant forfaitaire de 150 euros jusqu’à la fin 2018. Cette mesure permet aux fumeurs de se procurer à moindre coût des produits anti-tabac non remboursables. Toutefois, le nombre de bénéficiaires de ce système a chuté de 61 % entre septembre 2017 et mars 2018. Ces chiffres indiquent clairement l’efficacité du nouveau mode de remboursement des médicaments nicotiniques.

Néanmoins, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) souligne que la consommation de substituts du tabac n’est pas sans danger et certaines conséquences graves ont déjà été signalées. Aussi, il est important que tout utilisateur soit clairement informé du mode d’utilisation et des contre-indications possibles.