Retour sur l’étude de 2015 sur le formaldéhyde présent dans les e-liquides

Début 2015, une étude menée par le chercheur américain Paul Jensen faisait l’effet d’une bombe médiatique pour les vapoteurs. Publiées dans la très sérieuse revue New England Journal of medicine, ses recherches montraient que les cigarettes électroniques étaient de 5 à 15 fois plus cancérigènes que le tabac. Or, récemment des chercheurs grecs ont démontré avec ingéniosité que cette conclusion était erronée.

Selon cette étude de 2015, la vape était plus cancérigène que le tabac

Formaldehyde et risques de cancer dans les e-cigarettsLa publication rédigée par Jensen et son équipe avait matière à alarmer les utilisateurs de e-cigarettes. Leur étude portait sur la quantification d’un produit reconnu cancérigène, le formaldéhyde appelé également plus communément le formol. En fonction de la tension (V) appliquée sur des appareils de vapotage, le taux d’émission de formaldéhyde était mesuré.

Leurs expériences montraient qu’à 4V, 3g de e-liquide émettait 1005,4 µg de formaldéhyde. Soit l’équivalent du tiers d’un paquet de cigarettes. Et ce chiffre s’envolait à 27151,5 μg à 5V. Soit un niveau 18,5 fois supérieur à la consommation de 20 cigarettes classiques.

Ces chiffres soulignant la dangerosité de la e-cigarette semblaient sans équivoque. L’impact de cette découverte fut d’autant plus important sur la population que ces résultats très alarmants furent largement relayés par la presse mondiale. Les conséquences de cette médiatisation auraient d’ailleurs pu être dramatiques pour l’avenir de la e-cigarette. En effet, ces articles étaient diffusés en début d’année, une période où un grand nombre de fumeurs utilisent la vape comme moyen de substitution pour arrêter le tabac.

Même si de nombreux scientifiques ont depuis contesté les conclusions de Jensen, il aura fallu attendre plus de deux ans et demi pour qu’une autre étude mette à mal les affirmations de l’équipe américaine.

Une nouvelle étude réfute ces conclusions en s’appuyant sur des données réelles

Docteur Farsalinos se penche sur le formaldehydeLe laboratoire grec dirigé par Konstantinos Farsalinos a repris les conditions expérimentales de Jensen. A savoir le même e-liquide et un appareil d’e-cigarette identique. La nouveauté de ce protocole est la présence de 26 utilisateurs réguliers de la e-cigarette. Leur rôle est primordial pour cette étude.

Chaque cobaye consentant doit ainsi prendre des bouffées d’une durée de 4 secondes. L’appareil est réglé à différentes tensions et ils doivent noter l’apparition du dry puff. Ce phénomène chimique lié à la surchauffe induit un goût très désagréable. Il est ainsi facilement repérable. Les résultats obtenus sont édifiants. A 4 V de tension, près du tiers des participants détecte la présence de dry puff. Et ce chiffre grimpe à 88% à 4,2 V.

Konstantinos Farsalinos ne remet donc nullement en question les données brutes de son collègue concernant le fort taux d’émission de formaldéhyde à des tensions supérieures à 4V. Mais ce chercheur grec conteste les conclusions du rapport. En effet, il est impensable que dans des conditions réelles d’utilisation, les appareils pour vapoter soient soumis à de tels niveaux de tension en raison du goût âpre de la vapeur émise.

Cette étude montre à nouveau l’importance d’analyser les données en situation réelle. Les chiffres bruts obtenus en laboratoire sans aucune corrélation avec l’utilisation réelle des consommateurs n’ont ainsi aucune valeur scientifique.


Sources :

E-cigarettes emit very high formaldehyde levels only in conditions that are aversive to users: A replication study under verified realistic use conditions
Konstantinos Farsalinos, Vassilis Voudris, Alketa Spyrou, Konstantinos Poulas – 2017

Hidden Formaldehyde in E-Cigarette Aerosols
Paul Jensen, Wentai Luo, James Pankow, Robert Strongin, David Peyton – 2015

Pauline

Pauline est connue à BlogVape pour son palais. Amatrice d’e-liquides rares et pro du marché, elle vape avant-tout pour les saveurs.