La lutte anti-tabac s’intensifie avec la mise au point de 10 nouveaux médicaments

Récemment, une équipe de recherche américaine a créé plus d’une dizaine de médicaments susceptibles d’aider les fumeurs à arrêter de fumer. Cette découverte constitue une avancée considérable et élargirait l’arsenal thérapeutique contre le tabac en cas de commercialisation.

Les médicaments innovants mis au point par un laboratoire de l’université Washington State ont, comme point commun, de cibler le cytochrome P450 2A6 (CYP2A6). Cette enzyme localisée dans le foie est impliquée dans la décomposition de la nicotine.

Les chercheurs ont réussi à identifier des molécules qui permettent de bloquer (ou diminuer) l’activité de CYP2A6. L’administration de ces inhibiteurs enzymatiques spécifiques réduit la vitesse de dégradation de la nicotine. Ils permettent également de maintenir un niveau élevé de cette substance psychoactive dans le corps. Après la prise de ces médicaments, le fumeur devrait moins ressentir le manque de nicotine. Ainsi, il réduit considérablement sa consommation de cigarettes.

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Washington State University

Une découverte prometteuse et innovante pour lutter contre le tabac

Travis Denton, l’un des chercheurs impliqués dans cette étude est un ancien fumeur. Aussi, il a parfaitement conscience de la difficulté rencontrée par les fumeurs pour cesser le tabac. Selon lui, la prise d’une pilule serait un coup de pouce formidable pour ceux désireux d’en finir avec le tabac.

Il aura fallu 15 années de recherches pour imaginer, synthétiser puis tester ces molécules. La commercialisation de ces médicaments n’est donc pas pour demain. Des essais cliniques sur l’homme doivent encore être effectués pour vérifier l’innocuité de ces molécules et la mise sur le marché de ces nouveaux médicaments est soumise à l’approbation de la FDA.

En France, deux médicaments sont autorisés dans le cadre d’un sevrage tabagique : le Zyban et le Champix. Mais, ces deux traitements sont controversés en raison de nombreux effets indésirables constatés chez les patients. Le mode d’action de ces deux médicaments est d’agir sur la signalisation neuronale. Les molécules imaginées par Travis Denton ciblent elles une enzyme du foie.