[EXCLU] Interview de Jérôme Bellen : le quotidien d’un vape shop en plein confinement

 [EXCLU] Interview de Jérôme Bellen : le quotidien d’un vape shop en plein confinement

Jérôme Bellen dans une de ses boutiques

Nous vivons une époque bien étrange où notre quotidien est bouleversé. Aller faire ses courses a pris un tout autre sens. Mais comment cela se passe-t-il dans les vape shops ? Nous avons rencontré Jérôme Bellen, gérant des boutiques Smoke Machine, pour en savoir plus.

 

Blog-Vape : Bonjour Monsieur Bellen et merci de m’accorder cette interview pour Blog-Vape. Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ?

Jérôme Bellen : Je m’appelle Jérôme Bellen, je suis gérant des boutiques Smoke Machine. Nous en avons trois : une à Chartes, une à Amiens et une à Saint Just en Chaussée, dans l’Oise. Auparavant je travaillais dans l’événementiel, j’étais DJ dans les clubs parisiens et j’ai monté Smoke Machine il y a 7 ans sur Chartes, pratiquement au lancement de la cigarette électronique. Et puis je tiens la route depuis.

BV : Félicitations. D’ailleurs, et cela va nous faire rentrer dans le vif du sujet, quel est l’impact de l’épidémie sur vos affaires ?

JB : L’impact, il est très tranchant. C’est-à-dire que lorsque j’ai rouvert le lundi, le premier jour où c’était autorisé, j’ai fait énormément de ventes. Il y avait la queue dans la rue à ne plus en finir. Et à partir du lundi soir, le calme total. Les clients viennent depuis au compte-goutte et ont tendance à acheter plus que d’habitude. Ils font du stock, un peu comme ce qu’on voit dans les supermarchés.

BV : Comment ça se passe côté stock en conséquence ? Vos fournisseurs sont-ils toujours disponibles ?

JB : Ça se complique. On a plein de grossistes qui n’expédient plus, sans compter ceux qui ont arrêté de nous livrer pour vendre directement aux particuliers sur Internet. Ils nous bloquent. Quant aux livraisons en elles-mêmes, avec La Poste, ça commence à se… durcir. C’est maintenant que ça commence à se serrer, ce n’était encore pas le cas il y a 48 heures. De toute façon ça bouge tous les jours.

BV : Quelle visibilité avez-vous sur votre stock actuel ?

JB : Je dirais une dizaine de jours. Mes confrères sont presque tous fermés.

BV : La Fivape a posté des recommandations sur les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre la propagation du virus. Quelles mesures prenez-vous de votre côté ?

JB : On laisse rentrer les clients mais un à la fois. Nous ne faisons plus aucun test de produits. Il y a également du gel hydro alcoolique dans les boutiques mais nous n’avons pas de masque, il n’y en a nulle part. Ce n’est pas forcément facile… Nous n’avons aucun contact avec les clients : on prépare leur commande puis il la récupère après, de l’autre côté du comptoir. Il y a une poignée de chaque côté pour mettre et récupérer les produits. Ce qui est sûr, c’est que personne n’était préparé à ça.

BV : Comment avez-vous pris la réaction de l’État, qui après avoir interdit les vape shops d’ouvrir, a fait marche arrière ?

JB : J’ai été hyper surpris, je pense un peu comme tout le monde. C’est une bonne chose, je suis très content parce que sinon les vapoteurs étaient voués à retourner au tabac. Ça aurait été catastrophique pour nous, mais surtout pour leur santé. Mais ce n’est pas suffisant. Dans ma boutique d’Amiens, un de mes employés a exercé son droit de retrait car je n’ai aucune possibilité de le mettre en sécurité avec un masque. Et je comprends, mais nous sommes obligés de fermer la boutique.

BV : Si vous aviez des masques, vous pourriez rouvrir ?

JB : Oui, bien sûr ! C’est tout ce qu’il nous manque !

BV : Enfin, est-ce que vous préparez déjà l’après Covid-19 ? Comment imaginez-vous le futur du marché de la vape ?

JB : Malheureusement, j’ai du mal à me projeter… la question c’est, comment cela va-t-il se finir ? C’est plutôt ça. Comment va-t-on tenir financièrement ? Et ce n’est pas fini encore. Mais ça fera peut-être venir plus de personnes en magasins. J’ai aidé une multitude de personnes, je les ai dépanné, qu’ils soient clients ou pas. Peut-être que cette épidémie va rapprocher les vapoteurs des boutiques, qui étaient pas mal partis sur Internet. En résumé, favoriser à nouveau le contact humain.

Jeremie

Jeremie est journaliste vape depuis plus de 7 ans dans la presse papier et en ligne. Toujours à l’affût des tendances, il a déjà testé des centaines de matériels.

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