Italie : le Sénat pourrait décider de monopoliser les produits de la vape

En Italie, un nouveau décret validé le 14 novembre de cette année fait polémique. Le nouveau texte de loi prévoit d’établir un monopole de la distribution des produits de vapotage. Aussi, à partir du 31 mars 2018, ces articles seront vendus exclusivement par les buralistes. Ils pourront également être éventuellement vendus par des revendeurs agréés.

Italie

Cet amendement connu sous le nom de Vicari ne fait évidemment pas le bonheur de tout le monde. En particulier, les magasins de vape ne seront plus habilités à vendre des e-cigarettes sans une licence délivrée par l’Agence des douanes et du monopole. Un grand nombre de boutiques spécialisées dans la vape devraient déposer le bilan.

De son côté, le gouvernement Italien souligne l’intérêt économique du décret Vicari. En effet, les estimations indiquent que cette mesure devrait permettre de faire rentrer 9,5 millions d’euros supplémentaires dans les caisses de l’Etat grâce aux diverses taxes collectées sur les cigarettes électroniques. Ces arguments laissent sceptiques certaines associations de défense de la vape indépendante. D’ailleurs avant son vote, de nombreuses manifestations ont été menées pour dénoncer ce monopole sujet à polémique.

 

Les fabricants de tabac imposent-ils leurs produits ?

Certains hommes politiques comme Stefano Di Luca, le président du Parti Libéral s’étonnent que l’État décide de s’octroyer le monopole de la vente de cigarettes électroniques. Selon lui, cette décision risque de limiter l’accès des consommateurs à des produits alternatifs au tabac.

De plus, les défenseurs de la loi Vicari sont sujets à caution, à commencer par la sénatrice qui a donné son nom à cet amendement si controversé. Simone Vicari est réputée pour défendre la cause des grandes marques de tabac. En 2015, elle avait combattu farouchement le projet des paquets de cigarettes neutres. Elle invoquait alors « la protection de la propriété intellectuelle ». Courant de l’année 2017, une enquête pour corruption sur la TVA a été diligentée contre elle.

IQOS

Les détracteurs de cette nouvelle loi s’étonnent aussi que le durcissement des conditions de vente des cigarettes électroniques ait lieu juste au moment de la commercialisation de l’Iqos. En effet, ce système de tabac chauffé élaboré par la multinationale américaine Philip Morris va être testé dans trois pays. Sont prévus le Japon, la Suisse et… l’Italie. Or, l’Italie a été choisie pour accueillir deux usines destinées à la fabrication de l’Iqos. En échange, l’État italien s’est engagé à créer une surtaxe sur les e-cigarettes à la demande d’André Calantzopoulos, le PDG de Philip Morris. Un échange de bon procédé qui met à mal l’intégrité du gouvernement vis-à-vis de la vape.

Victoria

Victoria est une amatrice passionnée de vape depuis les premiers mods mécaniques. Elle apporte à BlogVape son expertise juridique sur la vape en France et ailleurs.