Philip Morris arrête sa production de cigarettes en Grèce

La nouvelle aurait pu faire sensation et pourtant l’annonce de Philip Morris International de cesser la fabrication de cigarettes dans son entreprise grecque a eu peu de retentissements. Aujourd’hui, le cigarettier américain a décidé de mettre tous ses moyens financiers, matériels et humains pour la production de l’IQOS, son dispositif électronique de tabac chauffé. Un pari qui aura forcément des répercussions sur l’avenir du fabricant de tabac.

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Le 20 mars dernier, la direction de Philip Morris a annoncé que son installation localisée à Aspropyros en Grèce serait maintenant entièrement consacrée à la production de l’IQOS. Pourtant, cette entreprise créée en 1931 était la plus importante usine de tabac du pays avec 12 milliards de cigarettes produits annuellement. Loin d’être obsolète, l’usine avait bénéficié de nombreux investissements d’un montant estimé à près de 700 millions d’euros depuis 2003. Aujourd’hui, la firme américaine déclare que plus de 300 millions d’euros ont été employés à la création de trois nouveaux bâtiments consacrés exclusivement à l’IQOS.

Les travaux commencés à l’été 2017 devraient s’achever fin 2018. 400 embauches supplémentaires ont été prévues. Plus de 10 000 appareils de chauffe du tabac sans combustion devraient sortir de l’usine par minute. Cela revient à une capacité de plus d’un milliard et demi d’unités par an.

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Aspropyros

Un tournant décisif pour Philip Morris

Le site d’Aspropyros n’a pas vocation à devenir un test grandeur nature pour expérimenter l’IQOS. L’usine de Bologne en Italie a également subi récemment une reconversion et d’autres usines dans le monde vont être modifiées pour produire exclusivement le nouveau produit phare de la marque américaine.

André Calantzopoulos, directeur de la branche internationale de Philip Morris déclare « œuvrer pour la santé de 1,1 milliard de fumeurs » (sic). En plébiscitant un monde sans cigarette, la firme prend des risques considérables. Déjà plus de 4,5 milliards de dollars ont été engagés depuis 2008 pour développer l’IQOS. Pourtant, la FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, n’a pas reconnu ses bienfaits. Les dernières études tendent d’ailleurs vers le contraire.