La vape ne sera pas remboursée de sitôt

Face aux ravages du tabac, causant 73 000 morts par an en France, le gouvernement actuel entend bien accroître les mesures de lutte anti-tabac. Parmi elles, le remboursement des substituts nicotiniques devrait rapidement voir le jour, comme l’ont annoncé lundi Edouard Philippe, premier ministre, et Agnès Buzyn, ministre de la santé.

Cette nouvelle mesure du Plan Prévention Santé, vise à faciliter l’accès aux moyens de sevrage tabagique qui ont déjà fait leurs preuves (gommes à mâcher, patchs, etc.). Elle vient ainsi remplacer le forfait annuel de 150 euros actuellement alloué aux traitements de sevrage. Si cette mesure semble convaincante, qu’en est-il de la cigarette électronique, qui n’a pas été évoquée dans ce nouveau plan ?

 

Un remboursement de la vape loin d’être d’actualité

vapeFace à cette question, Agnès Buzyn privilégie la prudence. Celle-ci estime que l’e-cigarette bénéficie d’un recul insuffisant pour en connaître les réels bénéfices mais surtout les risques sanitaires. Et pourtant, les études sont nombreuses à démontrer les bienfaits de l’e-cigarette, d’autant plus lorsqu’elle est comparée à la cigarette traditionnelle.

Si le gouvernement reste donc frileux par rapport à la vape, ses adeptes ne semblent pas non plus favorables au remboursement. Comme l’explique le pneumologue Bertrand Dautzenberg, les vapoteurs sont dans la recherche de plaisir. Aller en pharmacie pour choisir son produit de vapotage ou ses e-liquides reviendrait à médicaliser le vapotage, et à modifier le regard sur ce mode de consommation.

Enfin, selon Jacques Le Houezec, vapoter permet déjà de faire des économies considérables aux anciens fumeurs. Il n’y aurait donc aucun intérêt de rembourser les produits de vapotage, ni pour les consommateurs, ni pour le gouvernement évidemment.

Les promoteurs de la vape n’espèrent donc pas un remboursement mais plutôt « un discours clair et encourageant » du gouvernement. Alors que certains états, tels que le Royaume-Uni, encouragent l’utilisation de ce dispositif pour le sevrage tabagique, la France se montre plutôt passive. Les défenseurs de l’e-cigarette, s’appuyant sur les études scientifiques démontrant les bienfaits de la vape, attendent donc le positionnement des pouvoirs publics en faveur de ce dispositif.