Une alliance probable entre Juul Labs et Big Tobacco

D’après le « Wall Street Journal », la société Altria, plus connue sous son ancien nom Philip Morris souhaiterait intégrer le capital de Juul Labs Inc. D’ailleurs, selon des sources anonymes, les pourparlers sont en cours. En cas d’accord, le cigarettier ne détiendrait qu’une quantité minime de parts de la start-up californienne, mais cette transaction constituerait un bouleversement dans l’industrie du tabac.

Juul Labs a connu un développement fulgurant depuis sa création il y a trois ans. Aujourd’hui, la jeune société détient 72,9 % du marché de la cigarette électronique aux États-Unis et compte plus d’un millier de salariés pour un chiffre d’affaires de 245 millions en 2017 mais ses pratiques commerciales sont très critiquées. La FDA reproche, en particulier, à la Juul de favoriser l’usage de la vape chez les plus jeunes.

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De son côté, Altria est l’une des multinationales les plus puissantes au monde. Fondée en 1965, son effectif se situe autour de 8 300 employés. La firme détient la marque Marlboro, la cigarette la plus vendue au monde depuis les années 70. Toutefois, le groupe subit de plein fouet la baisse de la consommation de cigarettes au niveau mondial et sa valeur a diminué de 15% en bourse en octobre dernier. Courant novembre, nouveau coup dur pour le cigarettier, la FDA a prononcé l’interdiction de la vente des cigarettes mentholées, un secteur qui représente un tiers du marché du tabac.

 

Changement de cap pour Juul Labs

Certains observateurs s’étonnent du choix du fabricant de e-cigarettes de s’associer à Altria. La politique de Juus Labs semblait baser sur une totale indépendance avec la Big Tobacco, d’ailleurs leur souhait était d’éradiquer les cigarettes pour les remplacer par les dispositifs de vape, un produit nettement moins nocif. Pourtant depuis sa création, la jeune société basée à San Francisco subit des attaques de plus en plus virulentes de la part de la FDA.

Un rapprochement avec Altria permettrait à Juul Labs de bénéficier de son expertise en matière de défense juridique. En effet, depuis les années 90, les grands fabricants de tabac ont été confrontés, à maintes reprises, à la justice pour mise en danger d’autrui et falsification de documents. Mais de nombreux défenseurs de la vape pourraient considérer cette nouvelle association comme une trahison.